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3 modèles d’innovation pour transformer les startups en scaleups


Jonathan Lascar - French Tech Accélération - BPI

Comment accompagner les fondateurs de startups à la phase de croissance suivante, celle que l’on qualifie parfois de passage à l’échelle ou de « scaleups »? Au cours d’un échange récent, Jonathan Lascar évoquait les fonds qu’il a mobilisé dans le cadre du fonds French Tech Accélérations. Aujourd’hui, Jonathan et moi évoquons les modèles d’innovation qu’il soutient financièrement.

Le fonds French Tech Accélération cible trois entités distinctes pour faire évoluer les startups en scaleups

Répartition des investissements du fonds French Tech Accélérations - en Mds d'euros
Répartition des investissements du fonds French Tech Accélérations – en milliards d’euros

A/ Les accélérateurs classiques permettent de transformer les startups en scaleups

Ces derniers accompagnent de manière lucrative les startups en leur proposant des idées, mais aussi du mentoring, de la formation, et un accompagnement, notamment pour la constitution d’une équipe de directions et d’un board.

En général, les accélérateurs prennent des participations comprises entre 3 et 10 % des startups. Parfois, elles peuvent également prélever une commission sur les fonds levés (« success fees »). Enfin, on trouve certains accélérateurs qui offrent un espace de co-working à destination des entrepreneurs. Jennifer Matas, journaliste aux Echos, offre un tour d’horizons des accélérateurs dans le secteur du retail.

French Tech Accélération a investi au sein des accélérateurs suivants : The RefinersAxeleoHéméraWeSPRINT1KUBATORSchoolab.

B/ Les startups studio aident les jeunes pousses à devenir des licornes

Un startup studio et une startup dont la finalité est de créer d’autres startups. Elle tient sa spécificité qu’elle mutualise un maximum de ressources communes, notamment des frais administratifs, mais aussi, des compétences de RH, financières ou même de marketing.

Dans la mesure où le startup studio fonde lui-même la startup, la prise de participation s’avère beaucoup plus conséquente que pour un accélérateur puisque celle-ci s’établit dans une fourchette qui va de 25 à 85 %. Ensuite, le startup studio peut céder ses parts au profit d’un investisseur de type VC ou d’un acquéreur industriel. Laetitia Lienhard, journaliste aux Echos, dresse une liste des 11 startups studios émergents en France, parmi lesquels on trouve notamment AdVentures, Technofounders et RedPill.

Avec Jonathan, nous avons beaucoup parlé de l’évolution de la répartition du capital d’une startup issue d’un studio.

Dans le cas des startups studio deeptech, le startup studio s’appuie sur un actif technologique développé par un chercheur pour créer une entreprise. Dans ce cas-là, le startup studio dispose entre 80 % et 90 % des parts de la startup qu’il a fondée. Le chercheur, pour sa part, détient de 10 à 20 % des parts de la startup en question.

 Nous sommes arrivées au schéma approximatif ci-dessous : 

Répartition du capital des startups développées par un startup studio selon sa maturité
Répartition du capital des startups développées par un startup studio selon sa maturité

La répartition du capital d’une startup issue d’un startup studio évolue selon son développement.

Phase 1 : identification de la technologie.

Dans la première phase, le startup studio identifie une technologie prometteuse. Dès qu’elle y parvient, elle voit comment l’exploiter pour en faire une entreprise. Le startup studio détient entre 80 et 100 % des parts tandis que le chercheur en possède entre 0 et 20 %.

Le startup studio peut également se proposer d’acheter la technologie auprès du chercheur auquel cas, le startup studio se retrouve avec 100 % des part. 

Phase 2 : création d’un POC (« Proof of Concept »)

On s’assure du potentiel de faisabilité technologique et la répartition du capital de la startup reste à peu près la même. On peut injecter des capitaux supplémentaires pour financer le prototype en général de l’ordre de 30KE à 60KE pour payer l’équipe de développements et réaliser les tests. Le plus souvent, ces capitaux proviennent d’un Business Angel lequel obtient entre 10 et 20 % des parts du fait de son investissement. Le startup studio se trouve dilué de l’ordre de 20 %. Ces parts, autrefois de 85 %, sont donc ramenées à 68 % tandis que le chercheur, qui détenait 20 % des parts en possède désormais 15 % environ.

Phase 3 : la création d’une équipe

Après la validation du prototype, une équipe est constituée avec un patron et un directeur technique. L’équipe de directions obtient à peu près de 15 % des parts tandis que le startup studio se retrouve de nouveau dilué avec des parts de 60 %, environ. Le chercheur, quant à lui, passe de 12 à 9 % des parts. Enfin, le Business Angel, dont on peut supposer qu’il aurait remis de l’argent, détient de l’ordre de 15 % du capital.

Phase 4 : levée de fonds

Dans cette quatrième phase, l’entreprise est opérationnelle. Elle dispose d’une équipe, d’un produit qui a fait ses preuves. Elle prépare une levée de fonds.

Le startup studio se trouve dilué de 20 % de ses parts passant de 60 à 48 %. Mais, en réalité, sa participation baisse à 45 % tandis que celle de l’équipe de directions est reluées afin de rester à 15 % pour mobiliser l’équipe de direction. De son côté, le Business Angel est dilué de 20 %. Il dispose désormais de 12 % des parts, environ. Enfin, dans l’éventualité où la levée de fonds est réussie, le nouvel investisseur, en général un VC, détient de l’ordre de 20 % des parts. Voici donc comment évolue la capitalisation d’une startup selon son niveau de développement.

Quoiqu’il en soit, French Tech Accélération a investi au sein de QuattroCentoAlacritéTechnoFounders, MD Start.

Plus récemment,Jonathan a également investi au sein du startup studio imagination machine basé à Nantes. Fondé par Rob Spiro, un Américain résidant à Nantes, le studio se spécialise dans l’innovation de services. 

L’un de ces projets consiste à concevoir et développer des panneaux photovoltaïques portatifs qui peuvent, par exemple, être installés sur un balcon. Un tel dispositif permet de générer entre 15 à 20 % des besoins d’énergie pour des équipements en veille au domicile tel que la télévision, l’électroménager…

Un autre projet est un service de livraison à domicile de services hygiéniques bio. Les serviettes hygiéniques industrielles ont pu nuire à la santé des femmes en occasionnant une putréfaction de certaines parties du corps des femmes, nécessitant une amputation.

C/ Le fonds d’investissement avec un accélérateur transforme les startups en scaleups

Enfin, dernier modèle accélération : les fonds d’investissement qui mettent en place un accélérateur. Ce type d’organisation ressemble à l’accélérateur classique avec une capacité d’investissement propre et, en général, il accompagne la startup sur une longue durée — de l’ordre de quatre à cinq ans. La prise de participation est plus conséquente : elle se situe entre 10 et 30 %. Le fonds met à disposition son carnet d’adresses pour aider la startup à rencontrer des clients potentiels ou des partenaires pertinents. Il identifie les startups au sein de son programme d’accélération qui lui paraisse les plus prometteuses et peut, s’il le souhaite, et investir de nouveau.

French Tech Accélération a notamment investi au sein de fonds avec accélération suivants : Breega Capital,New Alpha Asset ManagementAxeleo CapitalHardware ClubWeet Web Valleyet WaterStart.

Répartition de l'investissement du fonds French Tech Accélération par type d'acteurs
Répartition de l’investissement du fonds French Tech Accélération par type d’acteurs

En résumé, transformer les startups en scaleups commence d’abord par une mobilisation de capitaux. Ensuite, 3 modèles d’innovation permettent d’accompagner le passage à l’échelle des jeunes pousses : les accélérateurs classiques, les startups studios et les fonds disposant d’un accélérateur.

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