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Quel rôle pour le DSI ?


Quels sont les enjeux du DSI aujourd’hui? Comment le rôle du DSI a-t-il évolué au cours des 20 années dernières, en fonction des changements technologiques? Comment le DSI peut-il répondre aux enjeux des métiers? Voici quelques-unes des questions que François Demongeot, Dirigeant de Personal IT(é), a traité au cours du déjeuner Fujitsu à Paris le 9 juin 2016 (Fujitsu World Tour 2016)*.

Plus de 20 ans d’expertise de la fonction DSI

François Demongeot
François Demongeot

L’expérience ne permet pas d’anticiper toutes les révolutions technologiques, mais certainement d’appréhender de manière plus juste leurs conséquences, et d’en identifier les fondamentaux et invariants. Les comprendre et les utiliser à son avantage est un atout compétitif pour le CIO / DSI et son entreprise.

D’abord au service de grands groupes de l’agroalimentaire en tant consultant informatique dans un cabinet leader, François Demongeot a exercé des responsabilités croissantes de CIO au niveau français, européen et mondial pour un groupe leader de son secteur dans les biens de grande consommation.

Depuis 2014, il développe son activité de Consultant en stratégie informatique, ce qui lui a permis de confronter sa vision à celle de nombreux CIO européens.

Le CIO fait face à de nombreux enjeux et sa fonction a perdu de son prestige et risque dans certains cas d’être marginalisée. Il reste pourtant un acteur stratégique incontournable de l’entreprise, mais doit fortement évoluer en se focalisant sur l’impératif de ramener le métier et l’humain au cœur de sa fonction.

Jamais le CIO n’a fait face à tant d’enjeux

Un retour en arrière vers « l’âge d’or » de l’informatique fait découvrir les transformations continues auxquelles les responsables informatiques ont su faire face. La situation est aujourd’hui différente car les changements sont plus rapides, simultanés et touchent à la fois les aspects technologiques et d’organisation des métiers. Néanmoins un regard sur le passé prouve que le CIO, parfois traité de dinosaure, ne l’a jamais été mais au contraire a su évoluer plus rapidement et mieux que d’autres espèces. Que sont devenus les directeurs méthodes et organisation ?

Les années 80 furent l’âge d’or de la programmation et des applications faites « maison » et des progiciels (COPICS, SAP R2, gestion de la paie). Le rôle transversal de l’IT (« Information technology ») est alors bien compris, on ajoute souvent à la responsabilité informatique technique des responsabilités fonctionnelles en particulier d’analyse des processus de travail.

 

Quel rôle pour le DSI au cours des 20 dernières années?

Avec les années 90, l’ordinateur personnel remplace le terminal et le DSI a ses premiers « utilisateurs » et ses premiers détracteurs (les outils bureautiques contre le système central).

Les années 2000 sont l’apogée du DSI ; Il a la responsabilité de programmes qui peuvent mettre en jeu la survie de l’entreprise (An 2000, Euro), et on lui donne la responsabilité des « Business Process » et de leur rationalisation avec le déploiement de logiciels intégrés (SAP). Les coûts sont maitrisés (externalisation, chute dramatique du coût des télécommunications). L’internet arrive, explose, ne convainc pas encore forcément le DSI qui a déjà beaucoup à faire et est conforté dans sa première réticence par l’explosion de la bulle internet.

La transformation digitale amène à faire évoluer le rôle du DSI

Ce qui est nouveau avec la transformation des années 2010, c’est qu’il ne s’agit pas seulement d’une nouvelle explosion technologique (Big Data, Réseaux sociaux, Mobilité, IOT, Réalité augmentée, 3D), mais aussi d’un renouvellement en profondeur, amorcé à la décennie précédente des façons de travailler pour l’IT (Cloud, outsourcing, off shoring avec toutes les variantes possibles), du partage de l’interne à l’externe (plus de 50 pour cent externalisés, jusqu’à 80 % dans certaines entreprises), et surtout de manière paradoxale une perte de crédibilité des organisations IT. Les autres fonctions vont reprocher au CIO de se focaliser sur les problèmes d’hier (fin de déploiement de programmes de rationalisation/ centralisation), devenant par le retard à travailler sur de nouveaux projets de fait un frein à la stratégie. Dans le même temps les évolutions de la technologie (cloud) permettent aux utilisateurs de ne plus recourir systématiquement à la fonction IT régalienne (ce phénomène représente près de 30 % des budgets informatiques)

Certains reproches sont fondés. Les informaticiens « jeunes » ont vieilli et leurs utilisateurs sont souvent plus en phase qu’eux avec les technologies digitales qu’ils utilisent massivement au quotidien en dehors de l’entreprise.

Historiquement l’utilisation de l’informatique couvrait les fonctions internes de l’entreprise (recherche d’efficacité avec plus de 60 % des budgets sur les fonctions Supply et Finance) alors que la technologie digitale révolutionne les offres produits / services des entreprises. La compétence fonctionnelle des informaticiens n’est plus au bon endroit.

Dans le même temps, la pression sur les coûts se renforce, dans un environnement mondial de course à la taille critique et aux optimisations (un des objectifs clairs de la fusion récente SAB Miller/ InBev pour créer un géant de près de 100 milliards $ de CA est de réduire de plusieurs points le pourcentage de frais fixes en particulier par les « synergies » en termes de système d’information). La tentation d’externaliser l’ensemble des fonctions est alors très grande.

Le rôle du DSI va-t-il disparaître? Comment le DSI peut-il donner une dimension stratégique à sa fonction? A quels principes doit-il se référer? Voici quelques-unes des questions qui seront évoquées au cours de la suite de l’intervention de François Demongeot.

 

*  Ce texte a été rédigé par François Demongeot.

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