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L’innovation doit être centrée sur l’humain, selon Benjamin Revcolevschi, DG Fujitsu France (1/2)


Comment réussir l’innovation ? Derrière cette question très simple, deux courants de pensée s’affrontent. Le premier vise avant tout l’effervescence technologique ; le second vise la compréhension des problèmes humains afin d’inscrire l’innovation dans le quotidien des clients. On aurait pu croire que les entreprises japonaises, reconnues mondialement pour leur avance en matière de robotique et d’électronique, privilégieraient la sophistication technique plutôt que l’analyse du comportement humain. Mais, Benjamin Revcolevschi, directeur général de Fujitsu France, m’a indiqué que tel n’était pas le cas : chez Fujitsu, l’innovation est avant tout centrée sur l’humain.

I/ Présentation de Benjamin Revcolevschi

Benjamin Revcolevschi
Benjamin Revcolevschi – DG Fujitsu France

Ancien élève de l’École polytechnique et de Télécom ParisTech et titulaire d’un DEA d’économie industrielle de l’université Paris Dauphine, Benjamin commence sa carrière au sein du Boston Consulting Group (BCG). En 2007, il a rejoint Neuf Cegetel, vite racheté par SFR. En 2011, il est nommé directeur de la division B2B dédiée aux services cloud, puis aussi objets connectés chez SFR.

II/ Homme et technologie : qui doit servir qui ?

Ichiro Ogasawara, numéro 2 de l’ambassade du Japon à Paris, relate son expérience d’utilisation de l’ordinateur professionnel. Il lui arrive, comme il arrive à chacun d’entre nous, d’exécuter une commande qui n’aboutit pas au résultat escompté. Il cherche alors à annuler ce qu’il vient de faire. Quand il est chanceux, il y parvient facilement ; quand il l’est moins, il n’y parvient pas. Dans ces moments particuliers, la machine ne rend pas service à l’homme, mais met l’homme à son service.

Il se voit d’ailleurs contraint de se reporter à un manuel d’utilisation ou à une aide en ligne pour trouver la solution à son problème. La vocation le Fujitsu c’est de minimiser le nombre d’occurrences où cette situation de l’homme servant la machine se produit. Il s’agit là d’une des dimensions de cette innovation centrée sur l’humain dont Benjamin a souhaité me parler.

III/ L’inventivité technologique de Fujitsu.

Créé en 1935, Fujitsu joue un rôle capital dans la modernisation des moyens de télécommunications nippons, notamment après le tremblement de terre de Tokyo en 1923.

Fort de 160 000 collaborateurs, Fujitsu est aujourd’hui la première société de services informatiques au Japon et numéro 4 mondial. Elle détient plus de 100 000 brevets. L’entreprise mise beaucoup sur la recherche et développement.

Actuellement, ses dernières inventions comptent une tablette « haptique » qui donne à celui qui l’utilise la sensation de toucher un objet singulier lorsqu’il pose sa main sur la surface de la tablette. On reconnaît la peau d’un crocodile ; puis la sensation de toucher du sable.

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Une tablette dite « haptique » qui permet de sentir les textures

Ce système repose sur des ultrasons envoyés à la main par le biais de l’écran.

Détail du fonctionnement de la tablette haptique
Détail du fonctionnement de la tablette haptique

Récemment, Fujitsu s’est vu récompensé pour un système d’identification rétinien. Il suffit de regarder la caméra d’un smartphone pendant une fraction de seconde avant que la rétine soit identifiée, et le smartphone alors aussitôt déverrouillé.

Le smartphone à identification rétinienne
Le smartphone à identification rétinienne

De plus, dans les laboratoires R&D, des lunettes d’un nouveau genre sont en développement. Destinées à une cible de clientèle malvoyante, les lunettes embarquent une caméra filmant les alentours avant de les restituer directement sur la rétine par le biais d’un faisceau laser. Des consommateurs malvoyants perdant la vue à mesure que l’âge avance se montrent particulièrement demandeurs de cette innovation qui leur simplifie la vie

Ainsi, on le voit l’entreprise Fujitsu demeure très inventive. Pourtant, Benjamin a surtout souhaité me parler d’une culture d’innovation particulière reposant sur une démarche de co-construction avec ses clients. Tel a été l’objet d’un deuxième échange au cours duquel nous avons évoqué Airbus, la maintenance de bâtiments publics et la modélisation du cœur humain.

Lectures complémentaires

  • Pour un article s’affairant à distinguer l’innovation de l’invention, se rendre ici.
  • Pour une discussion avec David Guiraud de Media Consulting Group autour de la question de la culture d’innovation, lire ce billet.
  • Pour un papier consacré aux 7 niveaux de relation de l’homme à la technologie, suivre ce lien.
  • Enfin, pour une autre analyse du Fujitsu World Tour Paris, voir cet article d’Hervé Kabla.

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